Sylvie Lidgi

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Spécialiste des études et enquêtes, expert en conception méthodologique, Sylvie LIDGI a été chargée d’enseignement au CELSA - Paris IV pendant 14 ans. Elle est actuellement associée au laboratoire TMU et chargée d’enseignement à l’IFU (Institut Français d’Urbanisme)

Parcours

- B. Sc. de mathématiques, M. Sc. d’économétrie Docteur en sciences sociales (Politiques publiques d’urbanisme et aménagement).

- Docteur en Etudes Urbaines, Urbanisme et Aménagement, Ecole doctorale Ville et Environnement, Université Paris 8, 2006

- directeur de Corrélation, cabinet de conseil et d’études, créé en 1984 par Sylvie LIDGI

En savoir plus sur :
- corrélation
- ses "chroniques"


Parutions récentes


Sylvie Lidgi, Tous délinquants ? Les mythes de la sécurité routière, les réalités de la France au volant Editions Michalon, 2008


Recherches actuelles


“lotissements sécurisés et action publique”. Rapport de recherche. (Février 2008) Le terme de gated communities désigne des enclaves résidentielles, délimitées par le marquage physique de murs clôturants, définies par un accès contrôlé et limité et dans lequel l’espace public est, de ce fait, privatisé. Tant dans la presse que dans la littérature universitaire, l’expression gated communities trouve de multiples traductions, en particulier dans un registre symbolique. En France, le développement d’ensembles résidentiels fermés et sécurisés est récent, du moins dans sa visibilité médiatique et dans le débat public. Si de tels espaces existent dans l’hexagone, peut-on les qualifier de « ghettos dorées », de lieux où les habitants vivraient dans la peur de l’Autre ? C’est précisément l’objet de la réflexion sur laquelle se penche la recherche financée par l’INHES sous l’intitulé « Les gated communities à la française ».
L’expression ensembles résidentiels fermés (ERF) apporte davantage de pertinence que cet anglicisme pour rendre compte de la situation française. Le développement possible des ERF s’inscrit dans un contexte de résidentialisation des lotissements urbains. L’ERF est un concept d’habitat protecteur, de petite taille dont la clôture est dissuasive mais rarement impénétrable. La fermeture d’un programme immobilier est soumise à des contraintes pratiques, à des règlements d’urbanisme et à la volonté politique du maire. Le phénomène français se différencie également du modèle américain à travers le rapport à la propriété, tant pour des raisons juridiques que culturelles : un ERF s’apparente davantage à une copropriété (plus ou moins horizontale) qu’à un « morceau de ville » ! Le standard Monné-Decroix transfigure les réalités concrètes. Les résidences Monné-Decroix constituent le stéréotype auquel les médias et les pouvoirs publics se réfèrent. L’organisation urbaine des résidences de ce promoteur est standardisée, le concept repose sur les opportunités de la défiscalisation : l’investisseur achète de la pierre comme il achèterait une SICAV. Le modèle, finalement simple à caractériser, devient générique et crée dans les esprits le concept de gated community à la française. Ce standard immobilier transforme la question sécuritaire à son avantage et exploite le créneau de la défiscalisation. La problématique des ERF s’avère proche de celle des copropriétés, elle est étroitement liée aux déséquilibres du marché du logement induits par les politiques de fiscales. Au delà de la simple offre de logements, les promoteurs proposent une valorisation urbaine et paysagère pour la ville qui s’accompagne de multiples avantages (espaces verts entretenus sans frais pour la municipalité par exemple). Présentés par les promoteurs comme des « îlots de verdure dans la ville », ces programmes séduisent ceux qui apparaissent comme leurs premiers clients, les élus. Les prix de l’immobilier dans les centres ville sont en constante progression. Les maires des villes moyennes et petites se retrouvent face à leur seule expérience pour répondre à la difficile question du développement urbain de leur commune. Lotir est une question qui se traite aujourd’hui au niveau de la municipalité, voire de la communauté de commune, et les ERF offrent un modèle rassurant : il s’agit moins d’une politique substantielle d’aménagement que de stratégies de développement urbain dans lesquels les différents acteurs doivent trouver leur compte.
Les diagnostics de cette recherche reposent sur un corpus d’entretiens réalisés auprès d’acteurs du secteur immobilier (principalement des promoteurs), d’acteurs publics et de résidents d’ERF ainsi que sur des documents d’urbanisme à travers deux monographies : à Chessy (Seine-et-Marne) et à Blois (Loir-et-Cher).


Bibliographie

Ouvrages

  • Tous délinquants ? Les mythes de la sécurité routière, les réalités de la France au volant, Michalon, 2008

  • "Pratiques de solidarité et insertion professionnelle", in La fin des sapeurs-pompiers républicains ?, s/dir. J-G. Padioleau, L’Harmattan, 2003

  • (2001) Paris - Gouvernance ou les malices des politiques urbaines, Paris, l’Harmattan, 407 p. Extrait de l’ouvrage : "De l’intérêt général territorial"

Paris est un laboratoire de politiques urbaines inconnu ou, du moins, peu étudié.
Jacques Chirac, élu en 1977 à l’Hôtel de Ville, met en oeuvre une grande politique de planification urbaine, centralisée et hiérarchique. Le Plan-programme de l’Est Parisien (1983) est à ce titre exemplaire.
Cette politique urbaine affiche des succès, elle s’accompagne aussi de conséquences inattendues : entre autres choses la mobilisation des citoyens, la création d’associations du cadre de vie mettant en oeuvre des modes d’action collective d’un genre nouveau.
Mais la Mairie regarde de haut ces associations. Bien mal lui en prend, la domination myope de l’Hôtel de Ville s’avère coûteuse pour l’hégémonie du RPR.
Les performances de la planification urbaine technocratique ne sont pas du goût de tous les parisiens... Aux élections municipales de 1995, la majorité sortante perd six arrondissements au profit de coalitions de gauche. Dans le 20ème, le maire socialiste, Michel Charzat, promeut auprès des habitants une "démocratie locale" opposée au technocratisme de l’Hôtel de Ville et met en place des dispositifs de "démocratie de proximité" (Conseils de quartier). Jean Tibéri, élu maire en 1995, réagit et annonce un urbanisme à visage humain qui postule la préservation des quartiers et la concertation avec les associations.
A l’épreuve des faits, ces politiques urbaines, traditionnelles ou innovantes, ne manquent ni d’ambiguïtés ni de malices....
Le 20ème arrondissement, utilisé par l’auteur comme analyseur de la politique urbaine des années 80-90 à Paris, en témoigne.
L’étude s’inquiète de définir l’intérêt collectif territorial et montre comment la gouvernance urbaine émerge de rapports de force politiques.

Communication et marketing : les outils d’investigation, Ed. Eyrolles, Paris, 1991, 164 p. (épuisé)

Guide pratique à l’usage des enquêteurs et des responsables d’équipes, publication INSEP, FAFIEC, 1994

Autres publications

  • “Mobilités territoriales : les défis de la sécurité routière”, Pouvoirs locaux, n°78, à paraître sept. 2008

  • "Internet and leisure ‘produsers’" (Internet et les consom’acteurs de loisirs), Communication et stratégie, n°64, novembre 2006

  • "Le volant et la norme, éléments d’une problématique", Hommes et Sociétés, n° 155-156, 2005

  • "Les bonnes raisons de la satisfaction : enquête auprès des visiteurs de sites culturels", Espaces tourisme & Loisirs, n° 193, mai 2002

  • "Conseils de quartiers, mode d’emploi : quel intérêt collectif territorial ?", Pouvoirs locaux, n° 53, juin 2002

  • "Réinventer l’action publique préfectorale ?", Pouvoirs locaux, n°44, mars 2000

  • "La formation des sapeurs-pompiers volontaires", Le Sapeur-Pompier, n°877, nov. 1996

  • "Qualitatif ou quantitatif, une question de méthode", Espace n°130, Nov-Déc 1994

  • "Equilibrium rent differential in a multi-centre city" (Différentiel de la rente foncière dans une cité multi-centres), Regional Science & Urban Economics, n°8, 1978

Rapports de recherche

"Le volant et la norme", recherche pour le PREDIT. télécharger la synthèse

Il est arrivé à chacun de nous de stationner sous un panneau d’interdiction, de rouler un peu plus vite que la vitesse autorisée, d’omettre de boucler sa ceinture, de faire usage de son portable (brièvement) pour de « bonnes raisons ». Pour autant, chaque conducteur serait-il un « délinquant » ? Le non respect du Code de la route étant mis en avant par les pouvoirs publics comme cause essentielle des accidents de la route, la recherche vise à mettre en évidence non seulement les modalités du respect (et du non respect) des règles du Code de la route et des attitudes à son égard mais aussi les interprétations et les représentations pratiques des normes sociales de conduite. Elle questionne les mythes de la sécurité routière pour mieux cerner les réalités de la France au volant.
L’idée de prise de risque des travaux conventionnels de sécurité routière mérite d’être réinterrogée car le modèle sous-jacent masque l’élaboration des processus de décision et d’action, au volant, ce que permet, à l’inverse, l’approche par la théorisation des situations. Ainsi, il n’y a pas un profil indifférencié de conducteur ordinaire mais au moins 6 profils type parmi lesquels celui du situationnel — qui privilégie la situation à la règle — est central.
Conduire, c’est décider et agir dans l’urgence. Les conducteurs agissent et réagissent aux actions des autres usagers de l’espace public partagé, aux injonctions du paysage routier et de la signalisation. Ainsi, une situation de conduite peut être considérée comme un système d’action locale éphémère ; un trajet sera composé d’une succession de tels systèmes. La conduite automobile s’avère relever davantage de la conformité aux conditions de circulation que de la conformité stricte aux règles du Code. Le Code lui même n’est pas remis en cause. En revanche, il est traduit localement en injonctions spécifiques et ces injonctions ne font pas toujours sens, laissant les automobilistes dans l’incertitude et/ou l’ambiguïté.
Conduire est un art pratique et nul n’est à l’abri d’une erreur (d’interprétation de la situation ou de manœuvre appropriée) ou d’une inattention. Fatigue et stress perturbent la qualité de la conduite. En outre, dans une société hyperactive, ne rien faire est stressant… Faire quelque chose, ne pas attendre dans l’inaction d’une part, respecter et être respecté des autres, d’autre part, est « la norme » des volants ordinaires. L’analyse des trajets commentés révèle l’importance des émotions dans la conduite et en particulier de la colère. La logique à l’œuvre n’est pas celle de la prise de risque ou du plaisir de transgresser. L’impatience ou l’énervement, qui émergent notamment dans des contextes d’incertitude, poussent à agir avec moins de prudence et entraînent, par « dérapage », des infractions. Le conducteur n’est pas seul sur la route, une relation de pouvoir entre conducteurs s’instaure parfois : l’un influence l’autre et l’amène à agir de façon différente de ce qu’il souhaitait faire, à agir à l’encontre de ses préférences, ce qui déclenche chez lui frustration et colère. Ces résultats éclairent d’un nouveau jour les questions de vitesse et de distances de sécurité, notamment.
Les résultats de la recherche ont été publiés chez Michalon (février 2008) avec ajout de deux chapitres conclusifs, sous le titre Tous délinquants ? Les mythes de la sécurité routière, les réalités de la France au volant.

Thèse

"L’action publique urbaine. Le modèle de 20e arrondissement de Paris." (2000), thèse de doctorat en études urbaines, urbanisme et aménagement, Université Paris 8, 436 p., Ecole doctorale Ville et environnement, dir. Alain BOURDIN

L’objet de la recherche est de comparer les démarches de planification autoritaire et d’urbanisme procédural à partir d’un objet concret : le 20ème arrondissement de Paris.
L’action publique urbaine des deux dernières décennies est étudiée à travers un système local d’action concret.
La politique de planification urbaine substantielle et réglementaire (Plan-programme, 1983) produit des externalités positives mais aussi des mobilisations collectives.
Elle ouvre la voie à l’émergence de nouveaux acteurs : les associations du cadre de vie. Leur morphologie et leurs modes d’action revêtent des formes inédites : l’engagement est distancié, les capacités d’expertise des "militants" sont leurs principales ressources.
Le modèle balistique d’action publique est embarrassé. Les règles du jeu changent. Le système se différencie et se complexifie. Les rapports entre acteurs sont redistribués, suite aux municipales de 1995. J. Tibéri annonce un urbanisme à visage humain qui postule la préservation des quartiers et la concertation avec les associations ; M. Charzat, dans le 20ème, met en place des dispositifs de démocratie locale (Conseils de quartier). Les nouvelles autorités mayoriales semblent, chacune à sa manière, en quête de gouvernance…
Le cas parisien permet d’explorer la question de l’urbanisme procédural de façon empirique et théorique, il s’inquiète de définir l’intérêt collectif territorial : à la fois principe généralisable et processus ascendant. Reste à savoir qui peut déterminer si cet intérêt est généralisable. Ainsi, il ne s’agit pas d’opposer les politiques substantielles aux politiques procédurales, d’opposer un intérêt général transcendantal à un intérêt général négocié et co-produit mais d’appréhender le modèle d’action publique en émergence.
Celui-ci reste un modèle autoritaire mais il se modernise : il n’est plus totalement balistique et hiérarchique, il intègre les intérêts collectifs locaux.


The research topic is a comparative study of processes of regulatory planning and procedural urbanism, about a concrete object : the 20th district of Paris.
The urban public policy of the last twenty years is studied using the tools of a concrete system analysis.
The substantial and regulated urban policy, the so-called 1983 "Plan-programme", created positive externalities and collective mobilizations.
This policy opened the way to new emerging actors : urban environmental associations. Their morphology and ways of acting are original : ideological commitment is weak, but the instrumental expertise of the "militants" is strong.
The straight-forward ballistic scheme of public action is under stress. Game rules change. Differentiation and complexification are perturbing the local urban system.
The Parisian elections of 1995 change the game. The new mayor, J. Tibéri, promotes a "human faced" urbanism stressing neighbourhoods preservation and dialogue with the associations. In the 20th district, M. Charzat, the subordinate mayor, a socialist, installs participatory democracy (Neighbourhoods councils). This Parisian case study explores the question of procedural urbanism in an empirical and theoretical way as well. The analysis seeks to define territorial collective interest : an upward process and a generalizable principle. One wonders who may decide if it is generalizable or not. So, the main stake is not to set the ballistic and substantial policies against the strategic and procedural policies, to set general and transcendental interest against general, negotiated and coproduced interest but to assess the emerging model of public action.


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